Cher(e)s collègues,
Depuis deux ans, le SCPN demande avec insistance une évaluation complète et indépendante de la réforme de la Police nationale.
En effet, le vote favorable de l’ensemble des organisations syndicales (y compris des deux OS du CCD) n’a jamais constitué une validation aveugle de la méthode, ni une approbation du choix de la réaliser à moyens constants, et encore moins empêché le SCPN d’exprimer de nombreuses réserves.
Cette réforme ne peut perdurer sans faire l’objet d’une évaluation impartiale, détachée de celles et ceux qui l’ont conçue et en ont dirigé la préfiguration, l’expérimentation et la généralisation.
L’indépendance, l’impartialité et l’extériorité incontestables des évaluateurs sont la condition sine qua non d’un travail objectif, utile et dont des conclusions très concrètes pourront être tirées.
Or, nous apprenons avec une très grande stupéfaction que le DGPN adjoint en poste lors des différentes phases de la réforme de la PN a été désigné pour conduire cette évaluation !
Sans remettre aucunement en cause les qualités personnelles, professionnelles et déontologiques de ce désormais inspecteur général de l’administration, nous considérons que cette désignation est absolument incompréhensible et profondément choquante.
On ne peut être à la fois acteur de premier plan d’une réforme et chargé, quelques années plus tard, d’en apprécier les résultats, les dysfonctionnements et les conséquences.
La participation, aux plus hautes fonctions, à la conception et au déploiement de la réforme constitue sans le moindre doute une circonstance de nature à faire apparaître un doute légitime sur l’impartialité de l’évaluateur, et donc sur les conclusions, mais aussi sur les conséquences qui seront tirées du travail de la mission IGA/IGPN.
Le SCPN a donc adressé un courrier à Monsieur le ministre de l’Intérieur, afin de demander qu’il soit procédé de toute urgence à la désignation d’un autre inspecteur et que l’évaluation soit reprise depuis son origine, dans des conditions et avec des évaluateurs véritablement objectifs.
Une réforme de cette ampleur, aussi structurante pour l’institution, les commissaires et leurs collaborateurs, ne peut et ne doit pas être évaluée par ses concepteurs !